Légionelle, mycobactéries : comment raisonner sans exagérer ?
En séparant trois choses que l’on confond souvent. Le développement microbien : la légionelle se multiplie entre 25 et 37 °C, et la stagnation comme le tartre favorisent le biofilm qui lui sert d’abri — l’INRS précise que ce biofilm la protège de l’action des biocides, ce qui la rend difficile à atteindre, et non insensible aux traitements ; la désinfection thermique reste efficace, de l’ordre de deux minutes à 60 °C pour diviser la concentration par dix. La production de gouttelettes : encore faut-il qu’une installation fabrique un aérosol — une pulvérisation, une douche, une tour aéroréfrigérante en produisent, pas une gaine sèche ni un bac correctement évacué. L’exposition : seules les gouttelettes inférieures à 5 µm atteignent les alvéoles. Une eau stagnante n’est donc pas en elle-même un aérosol inhalable : c’est la configuration de l’installation qui le dit, et c’est ce que l’inspection regarde.
Les mycobactéries, est-ce le même sujet ?
Le même chemin — un biofilm humide, puis un aérosol — mais pas la même sensibilité aux traitements. Les mycobactéries non tuberculeuses, dont le complexe Mycobacterium avium, sont décrites comme peu sensibles au chlore, ce qui explique qu’on les retrouve dans des réseaux pourtant traités. Elles sont ubiquitaires dans l’eau, le sol et la poussière : leur présence n’est pas un événement en soi. Le sujet devient sérieux sur un point humide jamais entretenu dans un bâtiment accueillant des personnes fragiles, et il se traite alors à deux — un laboratoire pour les prélèvements, nous pour l’installation.
Réalisez-vous les analyses microbiologiques ?
Les prélèvements se font sur site, les analyses sont confiées à un laboratoire : c’est lui qui détient l’accréditation, pas nous. Nous intervenons sur ce que l’inspection ou l’analyse révèle, et nous mesurons les débits avant et après pour montrer l’effet du nettoyage.
À quelle fréquence faut-il nettoyer un réseau ?
Les filtres se remplacent selon leur encrassement réel, la centrale se nettoie au moins une fois par an, et les gaines se nettoient sur constat d’inspection plutôt qu’au calendrier. La norme NF EN 15780 existe précisément pour ça : elle définit des classes de propreté et des méthodes d’inspection qui permettent de décider sur des faits.
Que demande exactement la réglementation dans des bureaux ?
L’arrêté du 8 octobre 1987 impose un contrôle au minimum annuel des installations d’aération et d’assainissement : débit global minimal d’air neuf, examen de l’état de l’installation — prises d’air, conduits, ventilateurs —, présence et conformité des filtres, état des humidificateurs et des échangeurs, et pressions statiques ou vitesses d’air aux points caractéristiques lorsque des valeurs de référence existent.
Intervenez-vous dans une crèche, une école ou un EHPAD ?
Oui, sur la partie technique : état du réseau, débits mesurés, filtration, nettoyage et remise à niveau. La surveillance réglementaire de la qualité de l’air et les campagnes de mesures de polluants relèvent d’organismes accrédités ; nous intervenons sur l’installation, en amont comme en réponse à leurs constats.